Créons vingt, trente, mille projets d'agriculture contractuelle de proximité dans tout le pays


Les scandales alimentaires qui se multiplient, exigent l’absolue priorité à la production et à la consommation alimentaire locale. Nous allons droit au mur avec cette exploitation économique qui pourrit la nourriture et dégrade l’environnement. Au lieu de prendre plaisir à manger, la nourriture va finir par nous dévorer. Cette logique provoque obésité et malnutrition sur la planète et détruit la petite paysannerie, qui est notre communauté nourricière. Nous sommes confrontés à un développement rapide et effroyable qui détruit les systèmes alimentaires locaux millénaires.

Refusons l’opposition entre petits producteurs et consommateurs que nous distille la grande chaîne des multinationales de l’agro-alimentaire. Nos intérêts sont communs entre des producteurs qui veulent être payés au juste prix et les mangeurs qui luttent pour une nourriture qui nourrit vraiment, sans fraude, le corps et la tête.

Notre résistance doit consister à constituer des chaînes courtes, des chaînes de proximité. Chaque projet d’agriculture contractuelle est un pôle de résistance. Ce qui compte, c’est que les gens nouent des liens, non pour parler seulement de vente et d’achat de produits, mais pour un projet de société commune fondée sur le respect mutuel et la préservation de la biodiversité locale. Nous sommes la communauté de la nourriture issue de la base. Nous mettons en pratique quotidiennement la souveraineté alimentaire par des actes.

Notre ambition est de changer la politique agricole. C’est en posant ces actes citoyens par milliers sur le terrain que nous imposerons par le bas aux politiques de changer d'orientation ; la réalité s’imposera alors sur les textes législatifs.

C’est pour cela également que nous exigeons que les pouvoirs publics, les collectivités publiques, s’approvisionnent dans le cadre unique de l’agriculture de proximité. C’est aussi pour cela que nous luttons pour que tout le réseau scolaire -de la crèche aux centres de formation- s’alimente à travers le réseau de l’agriculture contractuelle. C’est pour cela que nous devons promouvoir l’éducation au goût et au plaisir du goût dans toute la vie en société.

Bref, nous devons arracher au cercle de la marchandise, le bien commun que constitue la nourriture.

 

Josef Zisyadis, président des Jardins d'Ouchy 


Texte extrait de la brochure d'Uniterre

 

LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

AU CHAMP COMME DANS L'ASSIETTE : DU CONCEPT AUX ACTIONS